Je regarde un chien andalou. Non je regarde un film. Je regarde le film Un Chien Andalou. Le film est en noir et blanc, et muet. Il y a parfois des textes en français, sous-titrés en anglais ce qui ne semble pas justifié; tout comme la plupart des éléments du film.

En effet il n'y a aucun lien logique ou presque entre chaque scène, ce qui permet de qualifier ce film de surréaliste. De plus l'histoire ne se déroule pas selon une chronologie probable ce qui accentue nettement le côté incroyable. On peut également remarquer que l'absence de dialogue contribue à cet effet dans le sens où il n'y a pas de discours qui aident à la compréhension d'une histoire, à donner des informations sur les personnages ou les lieux. Les transitions sont en fait seulement le fruit du délire, de l'invention ou de l'imagination. Parfois de l'ordre du visuel, c'est à dire qu'on passe d'une image à l'autre parce qu'elles se ressemblent. On peut noter qu'il y a parfois des rappels d'image, par exemple les gens dans la rue qui s'éparpillent à la manière des fourmis. Ces genres de rappels ne sont pas attendus et provoquent volontairement l'étonnement et l'incompréhension.

Par ailleurs, les jeux de lumière sont très travaillés, on passe d'un pièce sombre à un endroit très éclairé sans raison particulière, et la lumière joue avec les personnages ce qui leur donne un caractère à la fois angoissant et amusant. Le rythme est relativement rapide, et une fois le principe du film intégré on s'attend à un nouveau changement de décor, ou une nouvelle action injustifiée à chaque changement de plan.