Tromperie aveugle.
Par Mathilde Rives le mercredi, décembre 3 2008, 14:38 - Chaix - Lien permanent

The reflecting pool Bill Viola 1977
Toute la vidéo est filmée dans un même lieu, une sorte de clairière, une forêt avec un bassin au milieu de l'image dans lequel on peut voir les reflets du milieu environnant. Cette vidéo n'est constituée que d'un seul plan fixe, un plan séquence. Le cadrage ne change pas, l'image est donc statique. Elle ressemble presque à une peinture abstraite. La compilation d'une image fixe et d'un plan séquence dans lequel peu d'éléments interviennent confère à la vidéo un effet de lenteur, d'apesanteur que le spectateur subit tout le long de la séquence.
Une personne apparaît dans la partie droite de l'image et vient se positionner devant le bassin, au milieu de l'image. Le protagoniste saute en l'air et un arrêt sur image est opéré. Seulement toute l'image n'est pas arrêtée, on peut effectivement remarquer que les reflets de l'eau sont toujours mobiles, l'eau du bassin est toujours "vivante". Puis l'eau finit par se solidifier elle aussi, se contracter un moment pour redevenir mobile. Les mouvements de l'eau et ses reflets ne sont jamais en accord avec la réalité, ils ne sont pas représentatifs du monde extérieur.
En effet, on peut y voir le reflet de plusieurs personnages, puis un reflet très sombre, et pour finir une personne sortir de l'eau du bassin sans qu'on l'ait vu y entrer. Ce dernier évenement créant un raccourci dans la suite logique des phénomènes.
Le reflet dans l'eau est comme une vie aquatique parallèle au monde réel, une vie accessible seulement si on y prête attention, comme on le fait en regardant cette vidéo. La surface de l'eau joue le rôle d'un miroir, comme un passage d'un monde à l'autre. D'un monde réel à un monde sublimé.
Par ailleurs, une attente se crée chez le spectateur de par la lenteur des évenements, une sorte d'ennui qui suscite un interêt particulier pour le reflet de l'eau, qui nous pousse à nous concentrer sur cette nature inconnue.
Commentaires
Description et remarque précises et personnelles. N'hésite pas à dire "je" plutôt que "le spectateur".
Tu pourrais développer quelques pistes amorcées : "La surface de l'eau joue le rôle d'un miroir, comme un passage d'un monde à l'autre. D'un monde réel à un monde sublimé. ", "nous concentrer sur cette nature inconnue"...