Oxyde toi en trois minutes
Par Mathilde Rives le jeudi, décembre 11 2008, 19:34 - Chaix - Lien permanent
Un plan.
On y voit pas très clair en réalité c'est un peu confus. Je veux dire l'image est confuse, on distingue des cheveux, sombre eux aussi, et humides. Humides, et reluisants. Ils sont plaqués sur un visage que l'on perçoit peu encore. C'est donc un gros plan. Ce visage est vraiment contre la caméra, comme s'il s'était endormi dessus. On entent un bruit sourd et continu. Plus une respiration, de temps en temps car elle est masquée par ce bruit qui ne cesse pas. On dirait de l'eau qui tombe sur un sol dur.
Puis une main vient dégager les cheveux du visage, toujours filmé en gros plan, une main puis deux. Des mains fripées et calleuses qui viennent réveiller ce visage confit dans la brume. Les mains et le visage appartiennent au même corps, dont on ne sait s'il est un homme ou une femme.
La caméra se recule ensuite et l'on aperçoit le visage au centre de l'image, mouillé et immobile sous l'eau qui tombe. Coincé entre des mur gris. La lumière est glaciale. Grise. Comme du métal. L'atmosphère est couleur argile.
La caméra se recule un peu plus et l'on peut à présent apercevoir un visage et des épaules, nues. Une peau diaphane. On dirait que l'eau est froide.
L'eau s'arrête de couler et
et le corps s'affaisse brutalement. Attaque. La caméra ne bouge pas elle filme la pièce vide de vie. Un certain moment.
Commentaires
Très belle description, essaye de te demander (ce n'est pas un reproche) à quel moment tu es plus dans de l'écriture littéraire éloignée de la possibilité de ce que peut montrer "le réel" ou en tous les cas à adapter mais c'est bien là où c'est intéressant, où ça pose des questions de mise en scène :
"On dirait que l'eau est froide."
"ce visage confit dans la brume."...