Verge précipita au dehors deux magnétos
Par Mathilde Rives le vendredi, janvier 16 2009, 16:21 - Chaix - Lien permanent



Extrait de Gummo de Harmony Korine
D'abord des clichés photographiques les uns après les autres d'un même type, un gosse. Une sorte de photo-roman, avec une bande sonore sans rapport quelconque avec les images. Puis des images en mouvement, du film. Toujours ce même enfant, ado, je me demande quel âge il peut bien avoir.
Une ambiance glauque se dégage de ces images, il n'y a pas de dialogue ou très peu, et ils ne servent pas à la compréhension des images.
Le comportement presque bestiaire de ces êtres peut inspirer une sorte de dégoût, une drôle de saleté envahit l'espace mais un univers poétique s'installe néanmoins. Il y a comme une folie latente dans ce monde qui ressemble en quelque minutes à un microcosme qui se suffit à lui même. La vie de ces gens étranges, qui n'en sont pas moins émouvants est filmée non pas de manière narrative mais comme une ponctuation mal équilibrée. On dirait des fragments de vie qui s'entrechoquent et qui construisent ainsi le film.
Il me semble que la façon de filmer est volontairement un peu chaotique, mais il y a une attention particulière portée aux images, aux détails. Ce sont de belles images, composées malgré elles, aux couleurs acides et passées.
Il en est de même pour les sons, on entends bien les détails des bruits du monde dans lequel on est introduit, ce qui donne un goût de réalité à ce monde faussement fictif?
Cet extrait me donne envie d'en voir plus, non pas la suite mais le début.
Commentaires
Des remarques personnelles assez synthétiques mais sensibles.
Pour les couleurs, je les trouve au contraire assez vives, le bleu de la salle de bain est très franc malgré le décor "archaïque". Sans doute un sentiment plus général lié au reste de ce que tu as ressenti.